Avec mes sculptures
rien n'est préconçu, programmé. Je n'ai
aucune théorie ou explication. La sculpture comme ma
vie est le fruit d'une connaissance quotidienne, un amalgame
de milliers d'instants, de rencontres. Rien n'est vain ni inutile.
Le plaisir de créer de ses mains, avec sincérité
et obstination, entretient cette magie, en un mot le bonheur
de vivre.
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Jacqueline Le
Goff nous propose en quelques pièces son imaginaire des
formes. Ses femmes lentes et lourdes, pour reprendre le titre
du roman d'Hardellet, sentent bon et nous invitent au toucher.
Leurs formes enrobées, doucement modelées par
des mains expertes, supportent avec bonheur une tête minuscule.
La grâce, l'équilibre de ses bronzes ou ciments
colorés révèlent une force et une approche
plastique des corps très aboutie. Jacqueline Le Goff
mérite ce nom de sculpteur tant ses réalisations
nous offrent à voir le beau. C'est un plaisir.
Robert Coatleven - Galerie " Le Chien Rouge ", Morieux |
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Les sculptures
de Jacqueline Le Goff sont pétries d'Amour et d'Humour.
La fragilité du plâtre s'oppose
à la force éternelle du bronze : éphèmére
et éternité se côtoient avec harmonie.
La résine vient rejoindre la gamme des matières
avec lesquelles le Sculpteur exprime ses émotions,
sa sensibilité.
Depuis qu'elle a rencontré le bonheur
de sculpter, Jacqueline ne s'est plus jamais arrêtée.
Emprtée par le désir de créer, elle a
"mis au Monde" des oeuvres fortes et originales.
La Femme lui sert de prétexte... Regardons attentivement
des montagnes, des cours d'eau, des roches, des chemins surgissent
et se promènent dans ces corps voluptueux, tantôt
offerts, tantôt enroulés autour d'eux-mêmes.
La lumière joue avec la même magie sur le blanc
des plâtres et la patine des bronzes : elle s'accroche
aux angles, plonge dans les creux, glisse sur les rondeurs.
Sculptures vivantes, jamais figées
!
Jacqueline Le Goff sculpte Dame Nature avec
naturel, spontaneité, des oeuvres qui lui ressemblent.
Mireille DECLERCQ
17/03/2006 |
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J'ai
commencé par une petite sculpture de femme assise,
naïve et maladroite. J'ai voulu en réaliser une
deuxième, et depuis je n'ai jamais cessé de
mouler l'argile et de faire ces corps de femmes. Les positions
et attitudes n'ont guère changé. Seuls la forme,
les volumes et la façon de les " traiter "
se sont modifiés.
Je ne sais pas dessiner, ne fais jamais de croquis. Je n'ai
pas suivi d'école ou de cours et n'ai aucune culture
artistique.
Quand je commence une sculpture, il est très rare que
j'aie une idée précise. C'est au fur et à
mesure que la sculpture s'élabore, par tâtonnement,
par instinct. Je me laisse guider par mon humeur, le temps
qu'il fait, la saison... |
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Je me souviens très
précisément de cet après-midi d'août
1977 où, pour la première fois, avec un peu
d'argile grossière, j'ai modelé une petite sculpture.
Elle était à genoux, naïve et maladroite,
mais elle a modifié ma vie. Une fenêtre s'est
ouverte. Un lien m'a nouée à la vie, à
ma vie. Dans mon esprit alors, l'existence m'apparaissait
comme un labyrinthe de secrets, de messages à décoder.
Ma hantise était de ne pas les reconnaître, les
comprendre, savoir les déchiffrer. Cette petite sculpture
et toutes celles qui ont suivi m'ont appris que la clé
de l'énigme n'était ni dans une équation
intellectuelle, ni dans une obscure théorie, mais en
moi. Il n'y avait pas de chemin masqué, le chemin c'était
à moi de le tracer... |
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